Les pavillons
Par: Isabelle MARMOUSEZ et Coralie PANSIOT - Photos : DR
LES AUTRES PAVILLONS

PAVILLON DE COURTOISIE
Le drapeau du pays visité doit être envoyé en entrant dans les eaux territoriales, hissé à bloc sous la barre de flèche tribord du grand mât (voiliers) ; sur une hampe à l'avant ou sur un mâtereau à tribord pour les bateaux moteur.
Théoriquement, il se porte du lever au coucher du soleil, pratiquement de 8 H 00 à 20 H 00, dans les ports et les eaux territoriales (généralement 12 milles). En attendant d'avoir terminé les formalités d'entrée dans le pays, on hisse temporairement le pavillon de code international "Q" (jaune) sous le pavillon de courtoisie.
Alphabet
PAVILLON D'ARMATEUR OU DE PROPRIETAIRE
Sur les navires à voile, il doit être hissé sous la barre de flèche à tribord s’il n’y a pas de pavillon de courtoisie, sinon à bâbord, sur les navires à moteur sur une hampe à la proue à bâbord, ou sur un mâtereau à bâbord. Le pavillon de propriétaire ne doit battre que si ce dernier est à bord. Pour signaler que Madame est à bord, les Américains envoient un pavillon particulier. Dans les pays anglo-saxons en général, on envoie un pavillon blanc à la place du pavillon de propriétaire pour indiquer que l’on est à table et que l’on ne reçoit pas. On peut utiliser une serviette blanche...
A relever enfin que "l’étiquette navale" demande à ce que les pavillons autres que les couleurs soient envoyés ferlés, l’ouverture ne s’effectuant qu’une fois la drisse à bloc.
Il faut éviter de placer un pavillon juste en dessous d’un réflecteur radar ou, pire, d’une boule de mouillage : en effet, on rappellera qu’il s’agit d’un signal de détresse !

LE PAVILLON (OU FLAMME) DE CLUB
Ce pavillon est en principe installé au sommet du grand mât, mais, avec l'envahissement de cet endroit par les divers antennes à notre époque, une alternative consiste à le hisser sous la barre de flèche bâbord. Le drapeau de club n'est jamais amené.

LE PAVILLON DE L'INVITE
L'envoi d'un pavillon aux couleurs de la nationalité des éventuels invités étrangers à bord est un geste de grande hospitalité en général très apprécié. Qu'il y en ait un ou plusieurs, ils se hissent sous la barre de flèche bâbord ou sur un mâtereau à bâbord sur les bateaux moteur.
PAVILLONS SPECIAUX
- Pavillon de course :
Se porte sur le pataras arrière à 2 m au-dessus du pont (sauf indication contraire dans les instructions de course). C’est le seul pavillon que l’on peut arborer sans le pavillon national.
- Pavillon P ou Blue Peter :
Arboré dans les barres de flèches bâbord 2 heures avant l’appareillage.
- Lettre Q ou libre pratique :
Pour l’immigration, les douanes ou la santé, s’envoie dans les barres de flèches bâbord à la limite d’approche d’un port étranger. Obligatoire si l’on aborde pour la première fois ce pays étranger, il doit rester hissé tant que toutes les autorités civiles ne sont pas passées à bord.
- Le grand pavois :
Le mot, originaire de l’italien pavese, bouclier, vient de l’époque où l’on rangeait les écus et boucliers le long du bord, là où aujourd’hui on a une pièce de bordé qui prolonge la muraille au-dessus du pont, le pavois. Il ne devrait jamais faire défaut à bord d'un navire, qu'il soit à voile ou à moteur. C’est une décoration de fête, il s'arbore seulement à l'arrêt et est composé exclusivement de tous les pavillons du code. Sans oublier le pavillon national en poupe.
Le grand pavois est composé des 40 pavillons du code international, dont 26 pavillons alphabétiques, 10 flammes numériques, 3 substituts et 1 aperçu. Il est élégant de mettre le grand pavois de la flottaison avant à la flottaison arrière, et non de l’étrave au tableau. Il doit aller de la proue à la poupe en passant par le top du ou des mâts ou par les plus hauts points du bateau, en principe jamais en navigation...
Les occasions d'arborer le grand pavois sont multiples : à l'occasion du lancement de bateau, lors des fêtes nationales (y compris celles des pays visités), lors de l'anniversaire du propriétaire, une fête nautique...
Comment arborer le grand pavois les jours de fête
Pour obtenir une distribution harmonieuse des couleurs et des formes, on respectera un ordre bien précis, qui n’est pas celui de l’alphabet. La flamme du code n’est normalement pas utilisée, le pavillon national en aucun cas.
La coutume française est la plus romantique.
Au 17e siècle, un officier de la Marine du roi s'est appliqué à obtenir une distribution harmonieuse des couleurs et des formes.
L'Amirauté française a admis cette façon de faire, et depuis, l'ordre est le suivant en partant de la proue : A, B, 2, U, J, 1, K, E, 3, G, H, 6 , I, V, 5, F, L, 4, D, M, 7, P, O, (IIIS), R, N, (IS), S, T, zéro,C, X, 9, W, Q, 8, Z, Y, (IIS) Les trois substituts sont désignés par (IS), (IIS), (IIIS), la flamme du code aperçu n'est officiellement pas utilisée, ni, bien entendu, les pavillons nationaux.
Le grand pavois ne doit être arboré qu'entre 8 heures et le coucher du soleil. Au plus tard à 20 heures, c'est un moyen de célébrer quelque chose, et enfin... de pavoiser.
Seconde formule
On l'envoie dans cet ordre : De la proue au haut du mât :
E, Q, 3, G, 8, Z, 4, W, 6, P, 1, I, Apercu, T, Y, B, X, 1er substitut, H, 3e substitut
Du haut du mât à la poupe :
D, F, 2e substitut, U, A, O, M, R, 2, J, 0, N, 9, K, 7, V, 5, L, C, S
Ou encore ...
La coutume des pays nordiques veut qu'on assemble le grand pavois en commençant par une flamme numérique ou un substitut suivi de deux pavillons dans l'ordre alphabétique, et ainsi de suite.
1, A, B, 2, C, D, 3, E, F, 4, G, H, 5, I, J, 6, K, L, 7, M, N, 8, O, P, 9, Q, R, (zéro), S, T,(IS),U, V, (IIS), W, X, (IIIS), Z
Le petit pavois prévoit que le navire se limite à arborer un petit pavillon national à la proue, le pavillon du pays ou club à honorer en tête du plus grand mât (en lieu et place du guidon de club) et du pavillon national à la poupe.

Pour terminer sur ce sujet des pavillons, il ne faut jamais hisser plus d’un pavillon ou guidon sur la même drisse, sauf pour les pavillons du code international des signaux, il doit être clair qu’en dehors des signes du code international, ce serait une insulte pour celui placé le plus bas. On le considèrerait comme un pavillon de prise, un signe de défaite ou une injure.

Pour en savoir plus sur le pavillon national, lisez notre article Pavillons: une histoire de couleurs.